AÏD AL ADHÂ – TABASKI
À l’approche de l’Aïd al-Adhâ, c’est tout un horizon de rites sacrés et de spiritualité qui se dessine pour les croyants, offrant à chacun l’occasion de raviver sa foi et d’espérer atteindre une pleine soumission à Dieu.
LE HAJJ, UN PILIER DANS L’ADORATION D’ALLAH
Le pèlerinage est l’un des cinq piliers de l’islam. Tout croyant ayant les capacités physiques et financières doit l’accomplir au moins une fois dans sa vie.
Il se déroule durant le mois sacré de Dhûl-Hijja, dernier mois du calendrier lunaire islamique, dont
صلى الله عليه وسلم les dix premiers jours comptent parmi les plus méritoires de l’année. Le prophète Muhammad
a dit :
« Il n’existe pas de jours durant lesquels les bonnes actions sont plus aimées d’Allah que ces dix jours » (Rapporté dans Sahih al-Bukhari)
Durant cette période, les croyants sont encouragés à multiplier les actes d’adoration et les invocations telles que le Tahlîl (La ilaha illallah), le Tahmîd (Alhamdulillah), le Tasbîh (Subhanallah) et le Takbîr (Allahu Akbar).
Chaque année, les lieux saints de la Mecque et de Médine accueillent près de deux millions de musulmans venus du monde entier. Les pèlerins accomplissent plusieurs rites : tourner autour de la Kaa’ba, effectuer les allers-retours entre Safâ et Marwa, se tenir en prière au mont ‘Arafat, lapider les stèles ou encore offrir un sacrifice.
Ce parcours spirituel est précisément codifié par le Coran et la sunna prophétique, et Seyidi Ben Cheikh nous rappelle que ces rites revêtent en réalité une dimension plus élevée que l’on ne l’imagine.
Allah dit dans le Saint Coran, au verset 3 de la sourate 106 :
فَ ْل َي ْعبُ ُدوا۟ َر َّب ٰهَذَا ٱ ْلبَ ْي ِت
« Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Kaaba). »
‘ARAFÂT, SOMMET SPIRITUEL DU PÈLERINAGE
Parmi ces rites, la station de ’Arafât – durant le neuvième jour – constitue le moment culminant du
pèlerinage. Elle symbolise le jour de la miséricorde, du pardon et du repentir. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a
dit :
« Le pèlerinage, c’est la station à Arafât. » (Rapporté par At-Tirmidhi)
Seyidi Ben Cheikh nous a appris que le terme « عــــــــــــــــــرف » est lié au mot « عــــــــــــــــــلــم » (pouvant signifier « science »), mais le premier porte une dimension plus haute : ʿArafât est le lieu où l’on atteint la
connaissance profonde.
Le jour de ‘Arafât est également le jour où Allah accorde le plus Son pardon. Sayidatuna ‘Aïcha
: )صلى الله عليه وسلم( rapporte la parole suivante du Prophète رضي الله تعالى عنه
« Il n’est pas de jour où Allah affranchit plus de serviteurs que le jour d’Arafât. » (Rapporté dans Sahih Muslim)
Ce jour marque aussi le parachèvement de la religion. Allah nous informe :
ٱْلَيْوَمأَْكَمْل ُت َلُكْم ِدينَُكْم َوأَتَْمْم ُت َعَلْيُكْم ِنْعَمِتى
« (…) Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous Mon bienfait (…) ». (Sourate Al-Ma’idah, verset 3)
L’AÏD AL ADHÂ : SYMBOLE DE CÉLÉBRATION ET DE SOUMISSION À DIEU
Le dixième jour, appelé Aïd al-Adhâ (ou Aïd al-Kabir), est une journée de fête et de partage. Il commémore l’épreuve du Prophète Ibrahim, à qui Allah demanda de sacrifier son fils, le prophète Isma’ïl. Face à leur soumission, Allah remplaça celui-ci par une offrande :
َوفَ َد ْينَـٰ ُه ِب ِذ ْبحٍ َع ِظيمٍ
« Et Nous le rachetâmes par un sacrifice immense. » (Sourate 37, verset 107)
En nous apprenant l’essence du sacrifice du mouton, Seyidi Ben Cheikh insiste sur sur le fait que celui-ci n’est pas un acte obligatoire (wajîb). Il s’agit d’un acte recommandé (sunna mu’akkada) pour tout musulman libre, responsable et qui a les moyens financiers nécessaires. Par ailleurs, il a mis l’accent sur la dimension intérieure que doit avoir cet acte : lorsque l’on égorge le mouton, on doit sentir que l’on se défait de certaines maladies du nafs, telles que l’orgueil et la jalousie.
En ce jour, les musulmans accomplissent la prière de l’Aïd et procèdent ensuite à ce sacrifice. Il
est rapporté que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :
« Le premier acte que nous accomplissons en ce jour est la prière, puis nous revenons pour sacrifier »
(Rapporté dans Sahih al-Bukhari)
La viande est ensuite partagée entre la famille, les proches et les plus démunis, renforçant ainsi les liens de solidarité et de générosité. Au-delà du rite, l’objectif est spirituel : purifier son âme, maîtriser ses passions et se rapprocher d’Allah en toute sincérité. Le Coran rappelle :
َلن َينَاَلٱللهََُّلُحوُمَها َوَلا ِدَمآُؤَها َوَلـِٰكن َينَاُلُهٱلتَّْقَوٰى ِمنُكْم
« Ni leur chair ni leur sang n’atteindront Allah, mais ce qui L’atteint de votre part, c’est la piété » (Sourate 22, verset 37)
Ainsi, l’Aïd al-Adhâ apparaît comme un moment intense de foi, de partage et de rapprochement .صلى الله عليه وسلم avec Allah, dans la continuité du message du Prophète
Extrait des enseignements de Seyidi Ben Cheikh FAYE SOP NABY FRANCE








