ZIARRA DE LYON 2026 : MAJÂLISSU NÛR
La Ziarra de Lyon s’est tenue les 3, 4 et 5 juillet 2026. Cet évènement,
une fois encore, fut synonyme de recueillement, d’introspection et d’élévation spirituelle. Chaque Ziarra est unique, et cette nouvelle édition réaffirme que chaque Lyon a sa part.
4ÈME ÉDITION : DE LA GENÈSE À LA CONSÉCRATION
Voilà maintenant quatre ans que se tient chaque année la Ziarra de Lyon, initiée à la demande des disciples locaux et organisée sous l’autorisation de Seyidi Ben Cheikh, responsable moral de la Dahira SOP NABY France.
Pour cette quatrième édition, de nombreux fidèles venus de diverses régions et pays, notamment de Paris, Bruxelles, Marseille et Toulouse, ont fait le déplacement. Intitulée Majâlissu Nûr cette année, la Ziarra de Lyon, comme à son accoutumée, s’est déroulée sur 3 jours : la Hadara du vendredi, le Gamou le samedi soir et le Barbecue annuel de SOP NABY France qui s’est tenue le dimanche.
Cet événement témoigne de la vitalité de la Dahira de Lyon qui, sous l’égide de Seyidi Ben Cheikh, s’est solidement ancrée dans la ville des lumières depuis plusieurs années. À l’instar de ce qui se fait à Paris, la Dahira SOP NABY Lyon suit le même programme que celui de Paris, marqué par la tenue hebdomadaire de la Hadaratoul Jummah chaque vendredi. La dahira représente une belle leçon de persévérance. En effet, n’ayant débuté qu’avec trois personnes dans une maison, elle rassemble aujourd’hui plus d’une centaine de fidèles dans une salle.
Loin d’être un simple rassemblement annuel, cette Ziarra s’inscrit dans la continuité du cheminement spirituel initié par Seyidi Ben Cheikh.
Conçue comme une véritable retraite spirituelle, elle est accentuée de séances de travail sur les trois jours, offrant à chaque disciple l’occasion privilégiée de se questionner sur le sens profond de son déplacement, de renouveler son engagement et de réaffirmer son amour envers le meilleur de la création, le Prophète Muhammad ﷺ.
UN RAPPEL INDISPENSABLE POUR LE CROYANT
Tout au long de son existence, l’homme fait face à de nombreux obstacles dans sa quête spirituelle. En réalité, le plus grand de ces obstacles réside en lui-même. En arabe, l’être humain est appelé “inssan”, un terme qui tire son origine du mot “nissyan” (celui qui oublie). Par nature, l’homme est donc un être enclin à l’oubli alors même que sa condition exige un rappel permanent. De surcroît, l’époque dans laquelle nous vivons regorge de tentations et de distractions qui éloignent l’homme de l’essentiel. Allah nous avertit d’ailleurs dans le Saint Coran :
أَلْهَىٰكُمُ ٱلتَّكَاثُرُ حَتَّىٰ زُرْتُمُ ٱلْمَقَابِرَ
« La course aux richesses vous distrait, jusqu’à ce que vous visitiez les tombes. »
[Sourate At-Takathur, versets 1-2]
Pris dans cet engrenage, nombreux sont ceux qui se focalisent sur les biens matériels et la thésaurisation jusqu’à en oublier la dimension profonde de leur âme. C’est pourquoi, pour réussir, il est primordial d’être dans le rappel constant et la présence divine, conformément à la parole d’Allah :
ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا وَتَطْمَئِنُّ قُلُوبُهُم بِذِكْرِ ٱللَّهِ ۗ أَلَا بِذِكْرِ ٱللَّهِ تَطْمَئِنُّ ٱلْقُلُوبُ
« Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent à l’évocation d’Allah. N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ? »
[Sourate Ar-Rad, verset 28]
Ce verset s’adresse particulièrement aux mu’min (les croyants fermes) qui luttent sincèrement pour l’Amour d’Allah.
Or, pour atteindre ce degré de foi, il est nécessaire de passer par la voie du Tasawwuf, ou soufisme, qui est le troisième pilier du Dîn. Seydi Ben Cheikh nous invite ainsi à méditer sur le but ultime de notre démarche : devenir des serviteurs connaissants et reconnaissants de leur Seigneur.
LA DAHIRA : UN CENTRE DE FORMATION SPIRITUEL
Cette Ziarra de Lyon a été l’occasion de revenir sur l’importance de la Dahira en tant que centre de formation du disciple, conformément à la volonté de Serigne Babacar SY رضي الله تعالى عنه lors de leur création en 1927. Serigne Cheikh Ahmed Tidjane SY soulignait d’ailleurs : « Les dahiras sont les centres de formation où se forment les athlètes de la religion. ».
Cette affirmation est d’autant plus vraie aujourd’hui tant la Dahira incarne l’esprit de la caverne dans laquelle les jeunes gens mentionnés dans le Coran s’étaient réfugiés afin de préserver leur foi en l’unicité divine :
نَّحْنُ نَقُصُّ عَلَيْكَ نَبَأَهُم بِٱلْحَقِّ ۚ إِنَّهُمْ فِتْيَةٌ ءَامَنُوا بِرَبِّهِمْ وَزِدْنَـٰهُمْ هُدًى
« Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. C’étaient des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur et à qui Nous avions accordé les plus grands moyens de se diriger [dans la bonne voie]. »
[Sourate Al-Kahf, verset 13]
La vocation de ces cercles de rappel est claire : rassembler, dans un même élan, ceux qui recherchent exclusivement laFace d’Allah. Afin d’y parvenir, les cœurs des disciples sont immergés dans le vaste océan du Tasawwuf. Cette science, consacrée à la purification du cœur, ne peut être transmise que par un guide, un maître véritable, seul capable de nous accompagner dans ce cheminement spirituel.
La Dahira s’érige ainsi en un véritable outil pédagogique et spirituel, essentiel à notre élévation. Comme Seyidi Ben Cheikh nous l’a rappelé, plus nous fréquentons ces cercles vertueux, plus nous constatons des transformations positives en nous-mêmes.
L’un des objectifs est d’adopter les nobles vertus prophétiques dont a hérité Cheikh Al Khalifa رضي الله تعالى عنه. À son sujet, Serigne Cheikh Al Maktoum disait d’ailleurs :
« Il est le prince de la vérité et des véridiques, le prince de la loyauté,
le prince de la fidélité et le prince de la juste mesure. »
UNE INDISPENSABLE RECHARGE D’ÉNERGIE SPIRITUELLE
Cette Ziarra doit agir comme un réveil pour l’endormi, un regain de motivation pour celui qui est somnolent, et un ancrage de persévérance pour celui qui est éveillé.
Seydi Ben Cheikh nous rappelle fermement que ce cheminement n’est pas une course facile. Il demande de s’armer de patience et de courage, d’accepter de tomber pour mieux se relever, sans jamais baisser les bras. Il convient de toujours positiver et d’avancer, tout en se préservant de l’orgueil. Le disciple ne doit jamais céder à l’illusion du succès personnel ni se croire supérieur aux autres. Il faut effacer le « Je » car, en réalité, il n’y a que Dieu.
Le thème du Gamou a essentiellement tourné autour de la notion de HAMD (la reconnaissance), celle que le disciple doit avoir envers son Seigneur et celle qu’il doit cultiver envers son maître spirituel. Dans un équilibre parfait, Seydi Ben Cheikh, à travers plusieurs exemples tirés de la vie des Awliya, a su transmettre un message parfaitement équilibré entre espoir et remise en question. Les sources de gratitude sont infinies et la miséricorde divine se retrouve dans chaque souffle de la création.
Ces trois jours, bien que différents, étaient des assemblées de Dhikr et de Lumière Divine à l’instar du nom choisi par Seydi Ben Cheikh. A l’image de la dernière station de Al Imân qui est Nûrun Alan Nûr, cette Ziarra était une succession de lumière sur lumière.
Au sortir de cette Ziarra, chaque disciple est invité à faire une introspection : où en suis-je dans mon cheminement avec Allah ? Suis-je pleinement conscient des sacrifices liés à mon déplacement dans ces assises et du but ultime de ma création ?
Puisse Allah faire de cette Ziarra une source de progrès spirituel et d’élévation pour chacun d’entre nous.
Extrait des enseignements de Seyidi Ben Cheikh FAYE
SOP NABY FRANCE

















