MAWLID AN-NABY 2026

MAWLID AN-NABI 2026

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MAWLID 2026

À Paris, plus de deux mille fidèles se sont réunis à l’occasion du Mawlid 2026 organisé par la Dahira SOP NABY France. Récitations, orientations, poésie et prières ont rythmé une nuit consacrée à la naissance du Prophète Muhammad ﷺ.

QUAND L’AMOUR DU PROPHÈTE ﷺ DEVIENT UN LANGAGE COMMUN

Le Mawlid est à la fois un temps de dévotion, d’apprentissage et de transmission. Seyidi Ben Cheikh FAYE a su donner vie à toutes ces dimensions dans cette 124è édition du Gamou.

Cette commémoration débuta par un concours de poésie qui permit à plusieurs membres de la dahira d’exprimer, par leurs propres textes, leur amour et leur admiration pour celui dont les fidèles célèbrent la naissance durant cette nuit. Sokhna Ndeye Sira Sall s’est particulièrement distinguée. Son œuvre, saluée pour sa profondeur et son caractère poignant, a suscité l’émotion de l’assistance.

À Tivaouane, le verbe a toujours constitué un moyen de transmettre la connaissance et l’amour du Prophète ﷺ. À Paris, cette tradition se poursuit sous une autre forme. La déclamation de Mouhamed Zamal Gueye consacrée à Serigne Babacar SY (RTA) a ainsi permis de faire revivre, à travers la poésie, la mémoire de l’un des grands héritiers de Cheikh Seyidil Hadj Malick SY (RTA). Une manière de rappeler que la transmission ne passe pas uniquement par les enseignements formels : elle se fait aussi par les textes, les voix et les émotions qu’ils continuent d’éveiller.

Mais l’un des moments les plus significatifs de cette édition a également été la présence de la délégation 18 Safar Paris, qui regroupe les dahiras mourides de la capitale française. Plusieurs qasayd de Cheikh Ahmadou Bamba dédiés au Prophète ﷺ ont été déclamés devant l’assistance.
Dans le contexte de la diaspora, où les familles spirituelles sénégalaises évoluent dans un même environnement, ces rencontres nous rappellent que ce qui rassemble peut être plus fort que ce qui distingue. La présence de Serigne Hamidoune Mbacké est venue prolonger cette dimension fraternelle.

Cette volonté de rapprochement a également été marquée par la présence effective de Monsieur Ibrahima Cissé, représentant de l’ambassadeur du Sénégal en France. Dans une communauté sénégalaise installée loin du pays d’origine, ces rencontres prennent une dimension particulière. Elles permettent de préserver un lien avec une histoire commune tout en construisant des espaces de communion adaptés à la réalité française.

L’HÉRITAGE DE SEYIDIL HADJ MALICK SY LE REMÈDE POUR TOUTE UNE VIE

Lors de la soirée, Seyidi Ben Cheikh FAYE, responsable moral de SOP NABY France, est revenu sur l’origine du Gamou et sur l’héritage laissé par Seyidil Hadj Malick SY (RTA).

À l’origine, le gamou désignait un rassemblement populaire où l’on montait des bâches, partageait du couscous, mais où se déroulaient aussi des soirées dansantes avec alcool et pratiques interdites en Islam. En véritable éducateur et fin connaisseur de sa société, Cheikh Seyidil Hadj Malick a conservé la forme à savoir les bâches, le couscous et le nom, tout en transformant le fond.

Il est venu avec une véritable alternative : apprendre à connaître le Prophète ﷺ pour réussir ici-bas et dans l’au-delà. À l’ivresse de l’alcool a succédé l’ivresse spirituelle née de la lumière de la meilleure des créatures. Voilà l’essence même du Gamou : remettre sur le droit chemin les âmes égarées, revivifier l’amour du Prophète ﷺ et prémunir le cœur des plus grandes maladies, en l’occurrence, la chute libre de la foi.

« أَلَا عَظِّمُوا لَيْلَ الْوِلَادَةِ حِسْبَةً إِذَا لَمْ يَكُنْ نَحْوَ الْحَرَامِ عُدُولُ »
« CÉLÉBREZ LA NUIT DE LA NAISSANCE, OÙ QUE VOUS SOYEZ, DANS LA PURE TRADITION PROPHÉTIQUE, EN VOUS ÉLOIGNANT DE TOUS LES INTERDITS. »
SEYIDIL HADJ MALICK SY (RTA)

Face à ceux qui qualifient cette célébration d’innovation religieuse, Seydi Ben Cheikh nous invite à méditer ce verset (58) de la sourate Yunus :

قُلْ بِفَضْلِ ٱللَّهِ وَبِرَحْمَتِهِ فَبِذَٰلِكَ فَلْيَفْرَحُوا هُوَ خَيْرٌ مِّمَّا يَجْمَعُونَ
« Dis : « Ceci provient de la grâce d’Allah et de Sa miséricorde. Voilà de quoi ils devraient se réjouir. C’est bien mieux que tout ce qu’ils amassent. » »

Dans ce verset, Allah nous ordonne de nous réjouir de Sa grâce et de Sa miséricorde. Or, le Prophète ﷺ incarne lui-même ces deux attributs : il est la personnification du Coran, la plus haute grâce divine et la Miséricorde accordée aux univers.

Par ailleurs, Allah dit au sujet du prophète Yahya (AS) dans le Coran :

وَسَلَـٰمٌ عَلَيْهِ يَوْمَ وُلِدَ وَيَوْمَ يَمُوتُ وَيَوْمَ يُبْعَثُ حَيًّا
« Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra, et le jour où il sera ressuscité vivant ! »
[Sourate Maryam, verset 15]

Si la naissance du prophète Yahya (AS) est saluée, que dire de celle du Sceau des prophètes, de l’origine de la Création, de la Création elle-même, celui dont toute créature découle ? De plus, lorsqu’on interrogeait le Prophète ﷺ sur le jeûne du lundi, il répondait : « C’est le jour où je suis né et le jour où la Révélation m’est descendue. »

Seyidi Ben Cheikh interroge alors : « Si on célèbre la révélation du Coran par des adorations et des adhkârs lors de la Nuit de la valeur (Laylatul Qadr), pourquoi devrait-on ignorer sa naissance ? (…) Sa naissance qui est la cause de la descente du Coran ! ».

Seyidil Hadj Malick SY (RTA) avait d’ailleurs déjà tranché cette question en affirmant qu’il était inutile d’épuiser ses forces pour justifier la célébration du Sceau des prophètes ﷺ car aucun prétexte ne saurait justifier qu’on s’en abstienne. Sa naissance a été un bonheur pour toutes les créatures. Il dit à ce propos dans Nuniya :

وَعَامٌ ثُمَّ شَهْرٌ ثُمَّ يَوْمٌ أَتَى فِيهِ الْهُدَى قَرْنُ الْقُرُونِ سُرُورٌ فِي سُرُورٍ فِي سُرُورٍ
« Un jour, un mois, un an et la Lumière de la Foi jaillit ! Ô quelle époque qui prime sur toutes les autres époques ! Ce fut la joie ! Et la joie succèda ! Ce fut la grande joie ! »

Il nous incombe de le magnifier à tout instant car comme nous le dit Seyidi Ben Cheikh :
« TOUTES LES NUITS APPARTIENNENT AU PROPHÈTE ﷺ »

Derrière cette réflexion sur le Mawlid se trouve surtout une conception plus large de l’éducation religieuse. Pour El Hadj Malick (RTA), célébrer ne suffit pas : encore faut-il que la célébration conduise à une transformation intérieure, à une meilleure connaissance et à une pratique plus consciente de la religion.

C’est précisément cette dimension éducative de l’héritage de Cheikh Seyidil Hadj Malik (RTA) que Seydi Ben Cheikh a recentré à travers ses nobles paroles.

LA KALIMATUL HAQQ UNE SPIRITUALITÉ À VIVRE

L’éducation spirituelle trouve son expression la plus fondamentale dans la Kalimatul Haqq :

لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ مُحَمَّدٌ رَسُولُ ٱللَّٰهِ

Seydi Ben Cheikh a placé cette parole de Vérité au cœur de son orientation, conformément au thème annoncé pour cette édition : « Ensemble, penser et agir par le verbe de l’Unicité (Tawhid) ». Il en a souligné l’importance capitale : sa proclamation – complète – fait entrer dans l’Islam, tandis que son rejet – même partiel – en fait sortir.

À travers une lecture fondée notamment sur la science de la numérologie, il a expliqué avec justesse comment la parole « Lâ ilâha illa Llah » dépeint la vie du Prophète Muhammad ﷺ, autant que sa vie en incarne le sens. Il a également rappelé que sa compréhension profonde et son vécu passent nécessairement par la réalité Muhammadienne.

Cette réflexion s’est notamment appuyée sur la sourate Al-Ikhlas, consacrée à l’Unicité divine. À travers ses versets, l’enseignement a ouvert une réflexion plus large sur le lien entre connaissance, spiritualité et pratique : connaître Allah, c’est aussi chercher à conformer sa vie à ce que cette connaissance implique. Car connaître ne suffit pas.

Dans la tradition éducative de Tivaouane, le savoir est appelé à transformer celui qui le reçoit. Il doit se traduire dans les comportements, dans la manière de parler, dans les relations avec les autres et dans la capacité à se remettre soi-même en question.

Et c’est précisément ici que la Kalimatul Haqq devient une spiritualité à vivre : une parole que l’on proclame avec la langue, que l’on comprend avec le coeur et que l’on cherche à vivifier tant intérieurement qu’extérieurement.

UNE NUIT QUI S’ACHÈVE À FAJR UNE TRANSMISSION QUI CONTINUE

Lorsque la prière de Fajr est venue clore la veillée, près de neuf heures s’étaient écoulées. Les fidèles ont récité, écouté, prié, partagé et appris. Certains repartiront avec des paroles de vérité, d’autres avec le souvenir d’une récitation ou d’un poème, d’autres encore avec la simple satisfaction d’avoir vécu une nuit en communauté.

Mais le Mawlid ne s’arrête pas lorsque la cérémonie prend fin. C’est même peut-être à ce moment que commence l’essentiel. Pour les fidèles de SOP NABY France, célébrer le Prophète ﷺ revient aussi à renouveler un lien avec une histoire spirituelle qui traverse les générations. Une histoire qui va de Seydil Hadj Malick SY (RTA) à Serigne Babacar SY (RTA), de Tivaouane à Paris, et qui continue désormais à se transmettre à travers Seyidi Ben Cheikh. Le contexte est, certes, différent de celui des prédécesseurs, mais l’essence en reste inchangée.

Le rôle d’une dahira est aussi d’offrir un cadre pour comprendre. Comprendre d’où vient cet héritage. Comprendre pourquoi l’on récite. Comprendre pourquoi l’on célèbre. Comprendre surtout que l’Islam ne se résume pas à des connaissances théoriques accumulées, mais qu’il appelle à une réalisation. C’est peut-être ce qui donne au Mawlid toute sa pertinence dans la diaspora. Une nuit pour se souvenir du Prophète ﷺ, certes, mais aussi une nuit pour se demander ce que cet amour produit dans nos vies.

À Paris, le Mawlid 2026 de SOP NABY France aura ainsi réuni plus de deux mille fidèles autour d’une même ferveur. Mais derrière cette mobilisation, il y a une ambition plus durable : faire vivre une spiritualité, préserver un héritage et permettre aux générations futures de le perpétuer à leur tour. De Tivaouane à Paris, le lieu a changé. Les générations aussi. Les réalités sociales et culturelles sont différentes. Mais l’essentiel demeure : aimer le Prophète ﷺ, suivre son exemple et faire de cet amour une manière de vivre.

Extrait des enseignements de Seyidi Ben Cheikh FAYE
SOP NABY FRANCE

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