SOP NABY FRANCE et la Banque Islamique du Sénégal : une collaboration au service de la diaspora et des générations futures​

SOP NABY FRANCE et la Banque Islamique du Sénégal : une collaboration au service de la diaspora et des générations futures

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Le mardi 22 septembre 2026, SOP NABY FRANCE a rencontré à Paris une délégation de la Banque Islamique du Sénégal (BIS), dans le cadre d’échanges consacrés aux perspectives de collaboration entre les deux structures.

Cette rencontre s’est tenue dans un climat chaleureux et constructif. Elle a permis à la banque de présenter son positionnement, son expertise dans le domaine de la finance islamique ainsi que son offre dédiée à la diaspora.

SOP NABY FRANCE a, pour sa part, présenté ses principales réalisations ainsi que ses projets structurants, parmi lesquels les 72H de Paris 2027 et plusieurs projets internes majeurs à venir.

Au-delà de la présentation des projets, les échanges ont fait ressortir plusieurs convergences autour de l’accompagnement de la diaspora, de l’entrepreneuriat, de l’investissement et de la transmission aux générations futures.

La BIS a ainsi exprimé sa volonté d’établir avec SOP NABY FRANCE une convention cadre, destinée à accompagner ses activités et projets, tout en permettant à ses membres — étudiants, salariés et entrepreneurs — d’accéder à des solutions adaptées à leurs besoins.

Cette rencontre constitue une nouvelle étape dans la volonté de SOP NABY FRANCE de construire des partenariats durables et utiles, au service de la diaspora, de la jeunesse et du développement.

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SOP NABY FRANCE renforce ses partenariats au service de la diaspora, de la jeunesse et de la transmission

SOP NABY FRANCE renforce ses partenariats au service de la diaspora, de la jeunesse et de la transmission

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Ce mercredi 16 septembre 2026, SOP NABY FRANCE a pris part à deux rencontres importantes avec le Réseau International des Sénégalais Cadres et Entrepreneurs de l’Extérieur (RISCE) et la communauté turque Süleymaniye. Deux temps d’échange qui, malgré des champs d’action différents, témoignent d’une même volonté : créer des synergies durables, partager les expériences et mettre les compétences au service de la communauté et des générations futures. 

Rencontre avec le RISCE : fédérer les compétences de la diaspora

SOP NABY FRANCE a reçu une délégation du Réseau International des Sénégalais Cadres et Entrepreneurs de l’Extérieur (RISCE), avec à la tête son président M. Abdou Chacour, accompagné notamment de M. Moussa Sall et de Mme Sabé Dia, Directrice générale du RISCE.

Cette rencontre faisait suite à une démarche initiée par le RISCE, qui a souhaité se rapprocher de SOP NABY FRANCE afin de saluer le travail accompli par notre structure et l’impact de nos initiatives auprès de la diaspora. Les responsables du réseau ont notamment souligné la place de référence qu’occupe SOP NABY FRANCE aujourd’hui, au sein de la diaspora sénégalaise.

Cette rencontre a également été l’occasion pour le RISCE d’adresser officiellement à SOP NABY FRANCE une invitation à prendre part à son événement « Diaspora Connect », prévu ce samedi.

Au-delà de cette invitation, les échanges ont permis aux deux organisations d’identifier plusieurs points de convergence, notamment autour de la nécessité de fédérer davantage les compétences sénégalaises établies à l’étranger, de favoriser leur mise en réseau et de renforcer leur contribution aux initiatives utiles à la diaspora comme au Sénégal.

Les discussions ont ainsi porté sur plusieurs programmes et perspectives de collaboration, parmi lesquels le Sommet annuel des cadres et entrepreneurs (SACET).

Une attention particulière a également été portée aux initiatives de SOP NABY FRANCE, notamment aux 72H de Paris, qui s’articulent notamment autour de la Conférence internationale de Paris, conçue comme un véritable carrefour de réflexions, d’expertises et d’expériences, réunissant les forces vives de la diaspora autour des grands enjeux qui traversent nos sociétés.

Les échanges ont également permis d’évoquer Next Senegal, initiative portée par SOP NABY FRANCE qui s’inscrit dans cette même volonté de mobiliser les compétences, les idées et les entrepreneurs de la diaspora autour des enjeux et perspectives du Sénégal.

Les deux parties ont enfin partagé une conviction forte : l’engagement communautaire passe aussi par la capacité de chacun à consacrer une part de son temps, de son expérience et de ses compétences au service du collectif.

Cette approche rejoint pleinement la philosophie de SOP NABY FRANCE, pour qui l’engagement spirituel trouve également son prolongement dans des actions concrètes et utiles à la société.

La rencontre a ainsi permis de poser les premiers jalons de plusieurs axes de collaboration, avec la volonté commune de poursuivre les échanges et d’étudier la formalisation d’un partenariat.

À Villiers-le-Bel, une rencontre avec la communauté turque Süleymaniye autour de l’éducation et de la transmission

Parallèlement, une délégation de SOP NABY FRANCE, mandatée par Seydi Ben Cheikh et composée de M. Omar Sankhé, M. Mambodj, M. Moustapha Ndiaye et M. Bocar Diallo, s’est rendue à Villiers-le-Bel, à l’invitation de la communauté turque Süleymaniye.

Cette visite a notamment permis de découvrir leur nouveau centre destiné à l’accueil, à l’éducation et à l’accompagnement des jeunes.

Les responsables ont présenté un modèle associant scolarité classique, apprentissage du Coran, enseignement islamique, soutien scolaire et accompagnement quotidien. Les échanges ont ainsi permis d’aborder un enjeu partagé par les deux structures : offrir aux nouvelles générations un cadre leur permettant de conjuguer réussite éducative, transmission spirituelle et pleine inscription dans la société française.

La rencontre a également donné lieu à un échange fraternel autour de la Tijaniyya, du soufisme, ainsi que de l’héritage et de la vision transmis par Seydi El Hadj Malick Sy. Une vision fondée sur l’importance de conjuguer foi, savoir et transmission, en accordant une place centrale à la jeunesse, comme en témoigne son appel : « Ô vous jeunes de cette époque, rejoignez mon appel pour que l’on revivifie la religion par les sciences. »

Cette vision trouve un écho particulier dans les échanges avec la communauté turque Süleymaniye, dont l’expérience en matière d’éducation et d’accompagnement de la jeunesse a permis d’ouvrir un dialogue constructif autour de préoccupations communes.

Construire des ponts et agir ensemble

Ces deux rencontres illustrent la volonté de SOP NABY FRANCE de poursuivre son ouverture et de développer des relations avec des organisations partageant des préoccupations et des ambitions communes.

Avec le RISCE, les échanges ouvrent des perspectives autour de la mobilisation des compétences, de l’entrepreneuriat, de la production intellectuelle, des réseaux professionnels et de la contribution de la diaspora au développement du Sénégal.

Avec la communauté turque Süleymaniye, la rencontre nourrit une réflexion essentielle autour de l’éducation, de la transmission spirituelle et de l’accompagnement des nouvelles générations, dans un contexte où la formation des jeunes constitue un enjeu majeur pour les communautés musulmanes en France.

Deux rencontres et deux champs d’action qui convergent vers une même ligne directrice : créer des ponts, favoriser le partage d’expériences et transformer les valeurs de fraternité, de transmission et de service en initiatives concrètes au bénéfice de la diaspora et de la société.

SOP NABY FRANCE remercie le RISCE pour sa démarche et la qualité des échanges, ainsi que la communauté turque Süleymaniye pour son invitation et la richesse du dialogue engagé. Ces rencontres constituent une nouvelle étape dans une dynamique de dialogue, d’ouverture et de coopération appelée à se poursuivre et à se traduire par des actions concrètes.


Cellule communication.

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MAWLID AN-NABY 2026

MAWLID AN-NABI 2026

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MAWLID 2026

À Paris, plus de deux mille fidèles se sont réunis à l’occasion du Mawlid 2026 organisé par la Dahira SOP NABY France. Récitations, orientations, poésie et prières ont rythmé une nuit consacrée à la naissance du Prophète Muhammad ﷺ.

QUAND L’AMOUR DU PROPHÈTE ﷺ DEVIENT UN LANGAGE COMMUN

Le Mawlid est à la fois un temps de dévotion, d’apprentissage et de transmission. Seyidi Ben Cheikh FAYE a su donner vie à toutes ces dimensions dans cette 124è édition du Gamou.

Cette commémoration débuta par un concours de poésie qui permit à plusieurs membres de la dahira d’exprimer, par leurs propres textes, leur amour et leur admiration pour celui dont les fidèles célèbrent la naissance durant cette nuit. Sokhna Ndeye Sira Sall s’est particulièrement distinguée. Son œuvre, saluée pour sa profondeur et son caractère poignant, a suscité l’émotion de l’assistance.

À Tivaouane, le verbe a toujours constitué un moyen de transmettre la connaissance et l’amour du Prophète ﷺ. À Paris, cette tradition se poursuit sous une autre forme. La déclamation de Mouhamed Zamal Gueye consacrée à Serigne Babacar SY (RTA) a ainsi permis de faire revivre, à travers la poésie, la mémoire de l’un des grands héritiers de Cheikh Seyidil Hadj Malick SY (RTA). Une manière de rappeler que la transmission ne passe pas uniquement par les enseignements formels : elle se fait aussi par les textes, les voix et les émotions qu’ils continuent d’éveiller.

Mais l’un des moments les plus significatifs de cette édition a également été la présence de la délégation 18 Safar Paris, qui regroupe les dahiras mourides de la capitale française. Plusieurs qasayd de Cheikh Ahmadou Bamba dédiés au Prophète ﷺ ont été déclamés devant l’assistance.
Dans le contexte de la diaspora, où les familles spirituelles sénégalaises évoluent dans un même environnement, ces rencontres nous rappellent que ce qui rassemble peut être plus fort que ce qui distingue. La présence de Serigne Hamidoune Mbacké est venue prolonger cette dimension fraternelle.

Cette volonté de rapprochement a également été marquée par la présence effective de Monsieur Ibrahima Cissé, représentant de l’ambassadeur du Sénégal en France. Dans une communauté sénégalaise installée loin du pays d’origine, ces rencontres prennent une dimension particulière. Elles permettent de préserver un lien avec une histoire commune tout en construisant des espaces de communion adaptés à la réalité française.

L’HÉRITAGE DE SEYIDIL HADJ MALICK SY LE REMÈDE POUR TOUTE UNE VIE

Lors de la soirée, Seyidi Ben Cheikh FAYE, responsable moral de SOP NABY France, est revenu sur l’origine du Gamou et sur l’héritage laissé par Seyidil Hadj Malick SY (RTA).

À l’origine, le gamou désignait un rassemblement populaire où l’on montait des bâches, partageait du couscous, mais où se déroulaient aussi des soirées dansantes avec alcool et pratiques interdites en Islam. En véritable éducateur et fin connaisseur de sa société, Cheikh Seyidil Hadj Malick a conservé la forme à savoir les bâches, le couscous et le nom, tout en transformant le fond.

Il est venu avec une véritable alternative : apprendre à connaître le Prophète ﷺ pour réussir ici-bas et dans l’au-delà. À l’ivresse de l’alcool a succédé l’ivresse spirituelle née de la lumière de la meilleure des créatures. Voilà l’essence même du Gamou : remettre sur le droit chemin les âmes égarées, revivifier l’amour du Prophète ﷺ et prémunir le cœur des plus grandes maladies, en l’occurrence, la chute libre de la foi.

« أَلَا عَظِّمُوا لَيْلَ الْوِلَادَةِ حِسْبَةً إِذَا لَمْ يَكُنْ نَحْوَ الْحَرَامِ عُدُولُ »
« CÉLÉBREZ LA NUIT DE LA NAISSANCE, OÙ QUE VOUS SOYEZ, DANS LA PURE TRADITION PROPHÉTIQUE, EN VOUS ÉLOIGNANT DE TOUS LES INTERDITS. »
SEYIDIL HADJ MALICK SY (RTA)

Face à ceux qui qualifient cette célébration d’innovation religieuse, Seydi Ben Cheikh nous invite à méditer ce verset (58) de la sourate Yunus :

قُلْ بِفَضْلِ ٱللَّهِ وَبِرَحْمَتِهِ فَبِذَٰلِكَ فَلْيَفْرَحُوا هُوَ خَيْرٌ مِّمَّا يَجْمَعُونَ
« Dis : « Ceci provient de la grâce d’Allah et de Sa miséricorde. Voilà de quoi ils devraient se réjouir. C’est bien mieux que tout ce qu’ils amassent. » »

Dans ce verset, Allah nous ordonne de nous réjouir de Sa grâce et de Sa miséricorde. Or, le Prophète ﷺ incarne lui-même ces deux attributs : il est la personnification du Coran, la plus haute grâce divine et la Miséricorde accordée aux univers.

Par ailleurs, Allah dit au sujet du prophète Yahya (AS) dans le Coran :

وَسَلَـٰمٌ عَلَيْهِ يَوْمَ وُلِدَ وَيَوْمَ يَمُوتُ وَيَوْمَ يُبْعَثُ حَيًّا
« Que la paix soit sur lui le jour où il naquit, le jour où il mourra, et le jour où il sera ressuscité vivant ! »
[Sourate Maryam, verset 15]

Si la naissance du prophète Yahya (AS) est saluée, que dire de celle du Sceau des prophètes, de l’origine de la Création, de la Création elle-même, celui dont toute créature découle ? De plus, lorsqu’on interrogeait le Prophète ﷺ sur le jeûne du lundi, il répondait : « C’est le jour où je suis né et le jour où la Révélation m’est descendue. »

Seyidi Ben Cheikh interroge alors : « Si on célèbre la révélation du Coran par des adorations et des adhkârs lors de la Nuit de la valeur (Laylatul Qadr), pourquoi devrait-on ignorer sa naissance ? (…) Sa naissance qui est la cause de la descente du Coran ! ».

Seyidil Hadj Malick SY (RTA) avait d’ailleurs déjà tranché cette question en affirmant qu’il était inutile d’épuiser ses forces pour justifier la célébration du Sceau des prophètes ﷺ car aucun prétexte ne saurait justifier qu’on s’en abstienne. Sa naissance a été un bonheur pour toutes les créatures. Il dit à ce propos dans Nuniya :

وَعَامٌ ثُمَّ شَهْرٌ ثُمَّ يَوْمٌ أَتَى فِيهِ الْهُدَى قَرْنُ الْقُرُونِ سُرُورٌ فِي سُرُورٍ فِي سُرُورٍ
« Un jour, un mois, un an et la Lumière de la Foi jaillit ! Ô quelle époque qui prime sur toutes les autres époques ! Ce fut la joie ! Et la joie succèda ! Ce fut la grande joie ! »

Il nous incombe de le magnifier à tout instant car comme nous le dit Seyidi Ben Cheikh :
« TOUTES LES NUITS APPARTIENNENT AU PROPHÈTE ﷺ »

Derrière cette réflexion sur le Mawlid se trouve surtout une conception plus large de l’éducation religieuse. Pour El Hadj Malick (RTA), célébrer ne suffit pas : encore faut-il que la célébration conduise à une transformation intérieure, à une meilleure connaissance et à une pratique plus consciente de la religion.

C’est précisément cette dimension éducative de l’héritage de Cheikh Seyidil Hadj Malik (RTA) que Seydi Ben Cheikh a recentré à travers ses nobles paroles.

LA KALIMATUL HAQQ UNE SPIRITUALITÉ À VIVRE

L’éducation spirituelle trouve son expression la plus fondamentale dans la Kalimatul Haqq :

لَا إِلَٰهَ إِلَّا ٱللَّٰهُ مُحَمَّدٌ رَسُولُ ٱللَّٰهِ

Seydi Ben Cheikh a placé cette parole de Vérité au cœur de son orientation, conformément au thème annoncé pour cette édition : « Ensemble, penser et agir par le verbe de l’Unicité (Tawhid) ». Il en a souligné l’importance capitale : sa proclamation – complète – fait entrer dans l’Islam, tandis que son rejet – même partiel – en fait sortir.

À travers une lecture fondée notamment sur la science de la numérologie, il a expliqué avec justesse comment la parole « Lâ ilâha illa Llah » dépeint la vie du Prophète Muhammad ﷺ, autant que sa vie en incarne le sens. Il a également rappelé que sa compréhension profonde et son vécu passent nécessairement par la réalité Muhammadienne.

Cette réflexion s’est notamment appuyée sur la sourate Al-Ikhlas, consacrée à l’Unicité divine. À travers ses versets, l’enseignement a ouvert une réflexion plus large sur le lien entre connaissance, spiritualité et pratique : connaître Allah, c’est aussi chercher à conformer sa vie à ce que cette connaissance implique. Car connaître ne suffit pas.

Dans la tradition éducative de Tivaouane, le savoir est appelé à transformer celui qui le reçoit. Il doit se traduire dans les comportements, dans la manière de parler, dans les relations avec les autres et dans la capacité à se remettre soi-même en question.

Et c’est précisément ici que la Kalimatul Haqq devient une spiritualité à vivre : une parole que l’on proclame avec la langue, que l’on comprend avec le coeur et que l’on cherche à vivifier tant intérieurement qu’extérieurement.

UNE NUIT QUI S’ACHÈVE À FAJR UNE TRANSMISSION QUI CONTINUE

Lorsque la prière de Fajr est venue clore la veillée, près de neuf heures s’étaient écoulées. Les fidèles ont récité, écouté, prié, partagé et appris. Certains repartiront avec des paroles de vérité, d’autres avec le souvenir d’une récitation ou d’un poème, d’autres encore avec la simple satisfaction d’avoir vécu une nuit en communauté.

Mais le Mawlid ne s’arrête pas lorsque la cérémonie prend fin. C’est même peut-être à ce moment que commence l’essentiel. Pour les fidèles de SOP NABY France, célébrer le Prophète ﷺ revient aussi à renouveler un lien avec une histoire spirituelle qui traverse les générations. Une histoire qui va de Seydil Hadj Malick SY (RTA) à Serigne Babacar SY (RTA), de Tivaouane à Paris, et qui continue désormais à se transmettre à travers Seyidi Ben Cheikh. Le contexte est, certes, différent de celui des prédécesseurs, mais l’essence en reste inchangée.

Le rôle d’une dahira est aussi d’offrir un cadre pour comprendre. Comprendre d’où vient cet héritage. Comprendre pourquoi l’on récite. Comprendre pourquoi l’on célèbre. Comprendre surtout que l’Islam ne se résume pas à des connaissances théoriques accumulées, mais qu’il appelle à une réalisation. C’est peut-être ce qui donne au Mawlid toute sa pertinence dans la diaspora. Une nuit pour se souvenir du Prophète ﷺ, certes, mais aussi une nuit pour se demander ce que cet amour produit dans nos vies.

À Paris, le Mawlid 2026 de SOP NABY France aura ainsi réuni plus de deux mille fidèles autour d’une même ferveur. Mais derrière cette mobilisation, il y a une ambition plus durable : faire vivre une spiritualité, préserver un héritage et permettre aux générations futures de le perpétuer à leur tour. De Tivaouane à Paris, le lieu a changé. Les générations aussi. Les réalités sociales et culturelles sont différentes. Mais l’essentiel demeure : aimer le Prophète ﷺ, suivre son exemple et faire de cet amour une manière de vivre.

Extrait des enseignements de Seyidi Ben Cheikh FAYE
SOP NABY FRANCE

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La Bourda à travers les articles du Dr Bacary Samb

La Bourda à travers les articles du Dr. Bacary SAMB

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L'art de l'éloge prophétique : Al-Busîrî et Cheikh El Hadji Malick SY, deux styles pour un même amour

Durant la troisième nuit de récital d’Al-Burdah à Tivaouane tel qu’institué par Cheikh El Hadji Malick Sy en vue de la célébration du Mawlid, c’est le chapitre consacré à l’Éloge du Prophète qui est à l’honneur. Le Madîh, est le cœur battant de la poésie soufie. Dans cette tradition spirituelle, le madih, l’éloge poétique du Prophète Muhammad, n’est pas un simple exercice de style ou une convention littéraire parmi d’autres. Il constitue un acte spirituel à part entière : chanter les vertus du Messager universel, c’est se rapprocher de lui, c’est espérer son intercession, c’est enfin faire l’expérience d’un amour (‘ishq) qui structure toute la vie intérieure de l’aspirant soufi.

De la Burdah d’Al-Busîrî, composée en Égypte au XIIIe siècle, à la Nûniyya (Rayy al-Zam’ân) de Cheikh El Hadji Malick Sy, rédigée six siècles plus tard à des milliers de kilomètres, dans le Sénégal de la confrérie Tijaniyya, un même souffle traverse les continents et les époques : celui d’une poésie qui ne cherche pas à décrire un homme, mais à faire entrevoir une lumière.

Ces deux œuvres majeures de la littérature panégyrique consacrées au Prophète méritent d’être lues ensemble, non pour être opposées, mais pour révéler, par leurs résonances et leurs singularités, ce que signifie « faire l’éloge » du Prophète dans l’imaginaire soufi.

Al-Busîrî et le chapitre des vertus prophétiques

Le troisième chapitre de la Burdah que la tradition intitule souvent Fî madh al-Nabî (« Dans l’éloge du Prophète »), déploie une rhétorique qu’on pourrait qualifier de démesure maîtrisée. Al-Busîrî y construit son panégyrique autour d’un paradoxe fondateur : comment dire l’indicible grandeur d’un homme sans jamais transgresser sa condition de créature ? Le poète répond par une succession de mouvements bien identifiables.

Il commence par l’ascèse du Prophète en évoquant ses nuits de prière jusqu’à l’enflure des pieds de même que la pierre nouée sur son ventre pour tromper la faim avant de faire surgir, par contraste, l’image des montagnes d’or qui s’offrent à lui et qu’il refuse : « les montagnes altières d’or le sollicitèrent (…) mais il leur montra la plus haute des grandeurs ». Cette scène est un procédé rhétorique classique du Madîh : l’éloge naît moins de l’accumulation de qualificatifs que de la mise en scène d’un choix impossible, résolu par la grandeur d’âme.

Vient ensuite l’affirmation de la préséance absolue du Prophète parmi les envoyés : « maître des deux mondes », « il surpassa les prophètes en forme et en caractère ». Mais Al-Busîrî prend soin, presque immédiatement, de border cette exaltation par une clause de prudence théologique qui est l’un des sommets du texte : « Dis à son [Muhammad] éloge ce que tu veux, mais avec sagesse ». C’est là toute la tension du madih classique à savoir comment dire l’immensité du mérite prophétique sans jamais verser dans la divinisation, garder l’éloge dans les limites strictes du tawhîd.

Le chapitre culmine dans une série de comparaisons cosmiques : le Prophète est un soleil dont les autres prophètes ne sont que les planètes réfléchissant sa lumière ; vu de loin il paraît petit à l’œil humain, comme le soleil, mais de près il éblouit et dépasse l’entendement. Cette image solaire, reprise inlassablement dans toute la littérature madihienne postérieure, résume la méthode d’Al-Busîrî : suggérer plutôt que définir, car « l’esprit humain s’épuise à comprendre son sens ». L’éloge se referme enfin sur les évocations sensorielles comme l’évocation du parfum, du sourire, de la poussière qui recouvre ses ossements, ramenant, ainsi, la grandeur cosmique à une intimité presque charnelle, celle du corps aimé et vénéré.

Cheikh El Hadji Malick Sy et le Rayy al-Zam’ân : l’éloge inscrit dans le récit de la naissance

Il est vrai que le Khilâçu Zahab, œuvre majeure de la Sîra prophétique partage le même mètre poétique « Basît » et la même rime en « m » d’où l’appellation de « Mîmiya ». Mais, dans la comparaison avec Al-Busîrî, sur cette partie consacrée au Madîh, nous avons fait le choix de nous appuyer sur un autre poème. La Nûniyya de Cheikh El Hadji Malick Sy (1855-1922), fondateur de la zawiya de Tivaouane et grande figure de la Tijaniyya en Afrique de l’Ouest, s’inscrit dans un genre voisin mais distinct : celui du mawlid, le récit poétique de la naissance du Prophète, dont le titre complet – Rayy al-Zam’ân fî Mawlid Sayyid Banî ‘Adnân (« Étancher la soif dans le récit de la naissance du Maître des fils de ‘Adnân ») – indique explicitement le projet. Comme la Mîmiyya Khilâçu ez-Zahab qu’il composa également, cette œuvre appartient à ce que les spécialistes reconnaissent comme l’un des chefs-d’œuvre majeurs de la littérature panégyrique (madîh) sénégalaise consacrée au Prophète.

Le texte, tel qu’il se présente, révèle d’emblée une dimension propre à l’œuvre de Maodo que la Burdah, plus resserrée sur l’éloge pur, ne développe pas au même degré : le souci philologique. L’ouvrage est, en effet, accompagné d’un important appareil de commentaire lexical (hall al-alfâz), qui explicite terme à terme le vocabulaire rare, les figures de style et les allusions grammaticales du poème. Cette architecture sous forme de poème et de glose savante entrelacés, témoigne d’une conception de l’éloge prophétique qui n’est pas seulement affective mais aussi éducative : chanter le Prophète, chez Malick Sy, c’est aussi transmettre la langue arabe classique dans toute sa beauté, la rhétorique et la science religieuse à une communauté ouest-africaine pour qui l’arabe n’est pas la langue maternelle. Le madîh devient, ainsi, chez Cheikh El Hadji Malick Sy, un vecteur pédagogique autant que dévotionnel.

Le Madîh chez Maodo : un vecteur dévotionnel au-delà du pédagogique

Sur le plan thématique, le choix même du genre mawlid en retraçant la naissance et les prodiges qui l’accompagnent, inscrit l’éloge dans une temporalité narrative : Maodo ne se contente pas de proclamer les vertus intemporelles du Prophète comme le fait Al-Busîrî, il les ancre dans le récit d’un événement fondateur, celui de sa venue au monde, moment où, selon la tradition largement reprise dans ce type de littérature, la nature elle-même se met à célébrer l’Élu. C’est très exactement ce que confirme un autre poème de Malick Sy, cité par la tradition tivaouanaise, dont l’exorde proclame l’intention de « chanter les éloges de l’Élu » (narûmu sanâ al-Mustafâ) verbe qui inscrit d’emblée le madîh dans le registre du chant collectif, du dhikr communautaire, plutôt que dans celui de la seule composition savante.

Un fait biographique éclaire enfin la juste mesure dans laquelle Malick Sy plaçait sa propre œuvre : bien qu’auteur de plusieurs odes prophétiques majeures, c’est la Burdah d’Al-Busîrî, poète d’une autre confrérie, la Shâdhuliyya, mort six siècles plus tôt, qu’il choisit d’ériger en pièce maîtresse des veillées du Gamou de Tivaouane. Ce choix, loin d’être anodin, relève d’un geste d’humilité caractéristique de l’éthique soufie : plutôt que de mettre en avant sa propre voix, le maître de Tivaouane a préféré inscrire sa communauté dans une chaîne littéraire et spirituelle trans-confrérique, universelle, dont la Burdah demeure l’un des sommets incontestés depuis le Caire mamelouk jusqu’au Bilâd Shinguit.

Deux esthétiques, une même finalité

La comparaison des deux textes met en lumière des tempéraments littéraires différents, mais convergents dans leur intention profonde et leur finalité.

La rhétorique de l’excès contenu

Chez Al-Busîrî, l’éloge procède par hyperboles savamment tempérées : chaque affirmation de grandeur est immédiatement rappelée à la mesure de l’humanité du Prophète, « l’étendue de notre science est qu’il est un mortel, et qu’il est la meilleure des créatures d’Allah ». Chez El Hadji Malick Sy, cette même prudence théologique se manifeste différemment : par le choix du récit narratif (le mawlid) plutôt que par l’accumulation d’épithètes, et par le travail philologique qui, en explicitant le sens exact de chaque mot, empêche toute dérive interprétative de l’éloge vers l’excès dogmatique ou certaines « shatahât » chez d’autres soufis.

L’image et le savoir.

La Burdah d’Al-Busîrî, privilégie la métaphore cosmique et sensorielle comme l’évocation du soleil, de la mer, de la perle, du parfum, pour suggérer une grandeur qui échappe au langage discursif. Le Rayy al-Zam’ân de Cheikh El Hadji Malick Sy, sans renoncer à cette veine poétique commune, l’articule à une visée didactique explicite : le lecteur-auditeur n’est pas seulement invité à ressentir l’amour du Prophète, il est aussi formé, par la glose qui accompagne chaque vers, à la langue et à la science qui permettent de comprendre cet amour en profondeur.

Le lien communautaire

Dans les deux cas, le poème n’est pas destiné à une lecture solitaire mais à la récitation collective empreintes de spiritualité comme lors des veillées du Mawlid, au Caire, à Fès, à Kairouan, comme à Tivaouane. Le madîh y fonctionne comme un rite social autant que littéraire : il rassemble, il enseigne, il unit une communauté de cœurs (le tarab du chant sacré) autour d’une même figure aimée.

De la place du madih dans la poésie soufie

Ce que révèlent, conjointement, la Burdah d’Al-Busîrî et la Nûniyya de Cheikh El Hadji Malick Sy, c’est que le madih occupe, dans la spiritualité soufie, une fonction qui dépasse largement l’esthétique littéraire. Il est d’abord un exercice théologique de haute exigence : dire l’immensité sans jamais franchir, contrairement aux allégations anti-soufies, la ligne de l’associationnisme (shirk), maintenir l’équilibre entre la vénération et le monothéisme strict ; un équilibre que les deux poètes négocient chacun à leur manière, l’un par la clause de prudence explicite, l’autre par le savoir philologique qui encadre l’élan lyrique.

Il est ensuite un chemin initiatique : comme le souligne la tradition tivaouanaise elle-même, l’amour du Prophète n’y est « ni un simple élan de piété ni un thème poétique parmi d’autres », mais le fondement même de l’expérience spirituelle ; une voie intérieure où se forme le croyant. Réciter, mémoriser, chanter ces vers, c’est être disposé à recevoir l’intercession espérée et à intérioriser un modèle éthique.

L’éloge du Prophète est, enfin, un acte de transmission culturelle et communautaire : que ce soit dans l’Égypte mamelouke ou dans le Sénégal colonial et post-colonial, le madîh structure les veillées, rythme le calendrier religieux, et noue ensemble plusieurs générations de fidèles autour d’un patrimoine partagé. Ce riche patrimoine que Cheikh El Hadji Malick Sy a lui-même choisi de faire dialoguer avec celui d’Al-Busîrî, prouvant par ce geste que l’éloge du Prophète, plus qu’un genre littéraire clos, est une chaîne vivante et d’amour sans frontières de l’Élu, Al-Mustafâ, en arabe.

Entre les vers d’Al-Busîrî tremblant de fièvre, plongeant dans l’intensité de l’amour prophétique en Égypte et ceux de Cheikh El Hadji Malick Sy composés dans le Sénégal tijâni, six siècles et des milliers de kilomètres séparent les deux hommes, mais un même geste les réunit : celui de mettre le langage humain, avec toute sa splendeur mais aussi toutes ses limites, au service d’un amour qui le dépasse. Le madîh, l’Éloge du Prophète, dans les deux cas, n’est pas la simple description d’un homme mais l’expression d’une relation. Relation d’admiration, d’affiliation spirituelle et d’espérance qui continue, aujourd’hui encore, à vibrer dans les veillées du Gamou de Tivaouane où, par un geste d’humilité qui est lui-même une forme d’éloge, Maodo a choisi de faire résonner la voix de son devancier égyptien plutôt que la sienne propre tout en étant jamais aussi audible même chez des générations qui ne l’ont jamais vu mais qu’il continue d’inspirer

Dr. Bakary Sambe, Centre d’étude des religions, Université Gaston Berger (Saint-Louis)

Deux voix, une même aube : la naissance du Prophète chez Al-Busîrî et Cheikh El Hadj Malick SY

Durant la 4e nuit de récital de la Burdah à Tivaouane, tel qu’institué par Cheikh El Hadji Malick Sy, c’est le chapitre intitulé « De sa Nativité » qui est chanté et médité. Sept siècles et deux continents séparent l’Égypte mamelouke d’Al-Busîrî (VIIe/XIIIe siècle) du Sénégal de Cheikh El Hadji Malick Sy (XIXe-XXe siècle). Pourtant, les deux hommes, deux grands poètes mystiques se retrouvent sur un même terrain : celui du madîh nabawî, l’éloge poétique du Prophète Muhammad, et plus précisément celui des irhâsât. Ce sont les signes annonciateurs et prodiges qui, selon la tradition, ont accompagné la naissance de l’Élu. En comparant le passage de la Burda d’Al-Busîrî consacré à cette nuit et le chapitre que Cheikh Malick Sy lui consacre dans son Khilâçu Dhahab fî Sîrat Khayr al-‘Arab (« L’Or décanté, sur la biographie du meilleur des Arabes »), on voit se dessiner deux manières, apparentées mais distinctes, de raconter le même événement fondateur.

Al-Busîrî : la nuit où l’empire perse vacille

Le passage extrait du chapitre de la Burda consacré à la naissance et à la mission prophétique, construit son émerveillement autour d’un décor très précis : la cour de Perse. Le palais de Kisrâ (Chosroès) se fissure « comme se disperse une assemblée sans jamais se ressouder » ; le feu sacré des zoroastriens, entretenu depuis des siècles, s’éteint « de chagrin » ; le lac de Sâwa se retire et refuse ses eaux à qui vient y boire. Busîrî pousse l’image jusqu’au paradoxe : le feu, dit-il, porte en lui l’humidité propre à l’eau tant il est accablé de tristesse, et l’eau porte l’ardeur propre au feu.

À cette scène de désolation s’ajoutent les djinns qui poussent des cris, les augures et les devins qui perdent leur don, les idoles qui s’effondrent, les étoiles filantes qui repoussent les démons voulant surprendre la révélation. Les vaincus fuyant « comme les héros d’Abraha », ou comme les cailloux incandescents lancés par les oiseaux sur l’armée de celui qui voulait détruire la Ka’bah. Là, Busîrî se rapproche plus de Cheikh El Hadji Malick dans une autre de ses odes la Nûniyya.

Mais, ce que fait Busîrî ici relève d’un style rhétorique précise : il ancre la naissance du Prophète dans une géopolitique religieuse. La Perse sassanide, rivale de Byzance et gardienne du zoroastrisme, est le symbole même de la puissance « païenne » préislamique. En la faisant vaciller au moment même de la naissance, Busîrî transforme un événement qui semblait isolé – la naissance d’un enfant à La Mecque – en un basculement de l’histoire universelle. Le ton est presque taquin et ironique : « ils sont devenus aveugles et sourds » (v. 8), dit-il des Perses, qui n’ont ni entendu l’annonce ni vu l’éclair de l’avertissement, alors même que leur propre devin les avait prévenus que leur religion tordue ne tiendrait pas.

Cheikh Malick Sy : une nuit où tout l’univers se met en mouvement

Le chapitre correspondant du Khilâçu Dhahab un vaste poème didactique de plusieurs centaines de vers, organisé en fusûl (chapitres) numérotés, signe d’un texte pensé pour l’enseignement autant que pour la dévotion, reprend le même fonds narratif des irhâsât, choses et évènements sortant de l’ordinaire, mais en élargit considérablement le registre.

On y trouve d’abord la même représentation que chez Busîrî : « Quelle nuit resplendissante ! », « le trône de tout roi fut retourné, sans exception. Par le Seigneur de la Kaaba sacrée ». Mais là où Busîrî nommait un empire précis, Cheikh El Hadji Malick Sy universalise le motif : ce n’est plus seulement Kisrâ qui vacille, c’est tout roi, toute idole, (Sarîru kulli malîkin) ; c’est humanité entière qui est saisie par l’événement.

Nous l’évoquions dans Inspirations Malickiennes, « là où Seydi El Hadji Malick Sy innove c’est dans sa connaissance du contexte socio-historique dans lequel vécut le Prophète. Il navigue, constamment, entre la vie du Prophète et l’évocation de ce contexte avec une culture historique qui peut étonner plus d’un. Malgré le manque chronique d’ouvrages de références qui caractérisa son époque, la difficulté de les acquérir, sans parler de la complexité de l’environnement historique qui vit la naissance du Prophète (PSL), Maodo nous abreuve de connaissances sur Rome, Byzance, Chosroes, Anou Shirwân et les autres. Sa connaissance géographique doublée de sa maitrise de l’histoire qui se dégage de nombreux écrits reste encore une énigme et une source d’admiration pour quelqu’un qui n’a quitté le Sénégal que pour le pèlerinage à la Mecque. Lorsque Seydi El Hadji Malick Sy, dans son approche de la vie du Prophète et du berceau de la révélation, le Hedjaz, en arrive à donner, avec une précision inouïe, les noms de lieux et de repères encore méconnus par les habitants-mêmes de ces régions, l’on ne peut qu’encore admirer ses efforts inestimables pour l’acquisition du savoir »

Convergences et divergences : deux théologies de l’émerveillement

Les deux poètes puisent manifestement dans le même réservoir de traditions de la Sîra (Ibn Ishâq, Tabarî, et la littérature ultérieure des dalâ’il al-nubuwwa, les « preuves de la prophétie ») : chute des idoles, renversement des trônes, agitation des djinns, signes dans le ciel. Il est d’ailleurs très probable que Cheikh Malick Sy, en fin lettré, héritier de la tradition Tijaniyya où la Burda est mémorisée et récitée depuis des siècles, ait délibérément fait résonner son propre texte avec celui de Busîrî  dont il partage la rime « m » d’où la Mîmiyya. La possibilité est aussi grande qu’un tel procédé s’agisse d’intertextualité qui fait dialoguer les textes de diverses manières, mais reflétant le partage d’une même tradition poétique bien ancrée.

Mais, c’est, surtout, l’accent qui diffère :

  • Busîrî construit une scène à dominante politique et polémique : c’est la chute d’un empire rival, la Perse zoroastrienne, qui incarne l’aveuglement du monde pré-islamique. Le registre est celui de la disgrâce et de l’humiliation d’une puissance identifiable.
  • Cheikh El Hadji Malick Sy construit une scène à dominante cosmologique et sapientielle : l’univers entier avec les animaux, les mers, les cieux, les femmes saintes du passé, les anges, jusqu’au nourrisson lui-même. Tout participe à l’accueil du Prophète et de cette nativité fondatrice. Chez Maodo, le cadre est moins celui d’un empire humilié que celui d’une harmonie universelle qui se réorganise autour de la Lumière muhammadienne, doctrine que Cheikh El Hadji Malick Sy pose d’ailleurs dès le premier chapitre de son œuvre, consacré à l’origine préexistante de cette lumière avant même la généalogie du Prophète signature typiquement soufie de sa démarche. Cet aspcet est largement mis en évidence dans les travaux de Seydi Diamil Niane de l’IFAN.

Sur le plan formel, les deux textes partagent la forme classique de la qasîda à rime unique filée sur des dizaines, voire des centaines de vers. Mais leur destination diffère : la Burda circule avant tout comme texte dévotionnel et mystique, récité pour la baraka et la guérison (Busîrî l’aurait composée après une guérison miraculeuse) ; le Khilâçu Dhahab, de Cheikh El Hadji Malick Sy se présente comme une sîra versifiée complète, structurée en chapitres numérotés et annotée philologiquement une sorte de manuel destiné aux apprenant de tous siècles autant qu’un poème de louange.

La naissance du Prophète continue d’être racontée dans deux poèmes que séparent plusieurs siècles, mais chaque poète y projette l’univers qui est le sien : Busîrî y voit l’effondrement d’un empire rival et la victoire du vrai sur le faux ; Cheikh El Hadji Malick Sy y voit la mise en branle de la création entière, des profondeurs marines jusqu’aux cieux, autour de la Lumière qui, en lui, a toujours précédé le monde. Les deux textes, loin de se concurrencer ou se contredire, interagissent et se répondent : ils montrent la vitalité d’une même tradition de louange prophétique qui, du Nil au fleuve Sénégal, n’a cessé de se réinventer sans jamais quitter son fonds commun.

Dr. Bakary Sambe, Centre d’étude des religions, Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal)

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Deux voix, une même aube : la naissance du Prophète chez Al-Busîrî et Cheikh El Hadj Malick SY

Deux voix, une même aube : la naissance du Prophète chez Al-Busîrî et Cheikh El Hadj Malick SY

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Par Dr. Bakary Sambe

Durant la 4e nuit de récital de la Burdah à Tivaouane, tel qu’institué par Cheikh El Hadji Malick Sy, c’est le chapitre intitulé « De sa Nativité » qui est chanté et médité. Sept siècles et deux continents séparent l’Égypte mamelouke d’Al-Busîrî (VIIe/XIIIe siècle) du Sénégal de Cheikh El Hadji Malick Sy (XIXe-XXe siècle). Pourtant, les deux hommes, deux grands poètes mystiques se retrouvent sur un même terrain : celui du madîh nabawî, l’éloge poétique du Prophète Muhammad, et plus précisément celui des irhâsât. Ce sont les signes annonciateurs et prodiges qui, selon la tradition, ont accompagné la naissance de l’Élu. En comparant le passage de la Burda d’Al-Busîrî consacré à cette nuit et le chapitre que Cheikh Malick Sy lui consacre dans son Khilâçu Dhahab fî Sîrat Khayr al-‘Arab (« L’Or décanté, sur la biographie du meilleur des Arabes »), on voit se dessiner deux manières, apparentées mais distinctes, de raconter le même événement fondateur.

Al-Busîrî : la nuit où l’empire perse vacille

Le passage extrait du chapitre de la Burda consacré à la naissance et à la mission prophétique, construit son émerveillement autour d’un décor très précis : la cour de Perse. Le palais de Kisrâ (Chosroès) se fissure « comme se disperse une assemblée sans jamais se ressouder » ; le feu sacré des zoroastriens, entretenu depuis des siècles, s’éteint « de chagrin » ; le lac de Sâwa se retire et refuse ses eaux à qui vient y boire. Busîrî pousse l’image jusqu’au paradoxe : le feu, dit-il, porte en lui l’humidité propre à l’eau tant il est accablé de tristesse, et l’eau porte l’ardeur propre au feu.

À cette scène de désolation s’ajoutent les djinns qui poussent des cris, les augures et les devins qui perdent leur don, les idoles qui s’effondrent, les étoiles filantes qui repoussent les démons voulant surprendre la révélation. Les vaincus fuyant « comme les héros d’Abraha », ou comme les cailloux incandescents lancés par les oiseaux sur l’armée de celui qui voulait détruire la Ka’bah. Là, Busîrî se rapproche plus de Cheikh El Hadji Malick dans une autre de ses odes la Nûniyya.

Mais, ce que fait Busîrî ici relève d’un style rhétorique précise : il ancre la naissance du Prophète dans une géopolitique religieuse. La Perse sassanide, rivale de Byzance et gardienne du zoroastrisme, est le symbole même de la puissance « païenne » préislamique. En la faisant vaciller au moment même de la naissance, Busîrî transforme un événement qui semblait isolé – la naissance d’un enfant à La Mecque – en un basculement de l’histoire universelle. Le ton est presque taquin et ironique : « ils sont devenus aveugles et sourds » (v. 8), dit-il des Perses, qui n’ont ni entendu l’annonce ni vu l’éclair de l’avertissement, alors même que leur propre devin les avait prévenus que leur religion tordue ne tiendrait pas.

Cheikh Malick Sy : une nuit où tout l’univers se met en mouvement

Le chapitre correspondant du Khilâçu Dhahab un vaste poème didactique de plusieurs centaines de vers, organisé en fusûl (chapitres) numérotés, signe d’un texte pensé pour l’enseignement autant que pour la dévotion, reprend le même fonds narratif des irhâsât, choses et évènements sortant de l’ordinaire, mais en élargit considérablement le registre.

On y trouve d’abord la même représentation que chez Busîrî : « Quelle nuit resplendissante ! », « le trône de tout roi fut retourné, sans exception. Par le Seigneur de la Kaaba sacrée ». Mais là où Busîrî nommait un empire précis, Cheikh El Hadji Malick Sy universalise le motif : ce n’est plus seulement Kisrâ qui vacille, c’est tout roi, toute idole, (Sarîru kulli malîkin) ; c’est humanité entière qui est saisie par l’événement.

Nous l’évoquions dans Inspirations Malickiennes, « là où Seydi El Hadji Malick Sy innove c’est dans sa connaissance du contexte socio-historique dans lequel vécut le Prophète. Il navigue, constamment, entre la vie du Prophète et l’évocation de ce contexte avec une culture historique qui peut étonner plus d’un. Malgré le manque chronique d’ouvrages de références qui caractérisa son époque, la difficulté de les acquérir, sans parler de la complexité de l’environnement historique qui vit la naissance du Prophète (PSL), Maodo nous abreuve de connaissances sur Rome, Byzance, Chosroes, Anou Shirwân et les autres. Sa connaissance géographique doublée de sa maitrise de l’histoire qui se dégage de nombreux écrits reste encore une énigme et une source d’admiration pour quelqu’un qui n’a quitté le Sénégal que pour le pèlerinage à la Mecque. Lorsque Seydi El Hadji Malick Sy, dans son approche de la vie du Prophète et du berceau de la révélation, le Hedjaz, en arrive à donner, avec une précision inouïe, les noms de lieux et de repères encore méconnus par les habitants-mêmes de ces régions, l’on ne peut qu’encore admirer ses efforts inestimables pour l’acquisition du savoir »

Convergences et divergences : deux théologies de l’émerveillement

Les deux poètes puisent manifestement dans le même réservoir de traditions de la Sîra (Ibn Ishâq, Tabarî, et la littérature ultérieure des dalâ’il al-nubuwwa, les « preuves de la prophétie ») : chute des idoles, renversement des trônes, agitation des djinns, signes dans le ciel. Il est d’ailleurs très probable que Cheikh Malick Sy, en fin lettré, héritier de la tradition Tijaniyya où la Burda est mémorisée et récitée depuis des siècles, ait délibérément fait résonner son propre texte avec celui de Busîrî  dont il partage la rime « m » d’où la Mîmiyya. La possibilité est aussi grande qu’un tel procédé s’agisse d’intertextualité qui fait dialoguer les textes de diverses manières, mais reflétant le partage d’une même tradition poétique bien ancrée.

Mais, c’est, surtout, l’accent qui diffère :

  • Busîrî construit une scène à dominante politique et polémique : c’est la chute d’un empire rival, la Perse zoroastrienne, qui incarne l’aveuglement du monde pré-islamique. Le registre est celui de la disgrâce et de l’humiliation d’une puissance identifiable.
  • Cheikh El Hadji Malick Sy construit une scène à dominante cosmologique et sapientielle : l’univers entier avec les animaux, les mers, les cieux, les femmes saintes du passé, les anges, jusqu’au nourrisson lui-même. Tout participe à l’accueil du Prophète et de cette nativité fondatrice. Chez Maodo, le cadre est moins celui d’un empire humilié que celui d’une harmonie universelle qui se réorganise autour de la Lumière muhammadienne, doctrine que Cheikh El Hadji Malick Sy pose d’ailleurs dès le premier chapitre de son œuvre, consacré à l’origine préexistante de cette lumière avant même la généalogie du Prophète signature typiquement soufie de sa démarche. Cet aspcet est largement mis en évidence dans les travaux de Seydi Diamil Niane de l’IFAN.

Sur le plan formel, les deux textes partagent la forme classique de la qasîda à rime unique filée sur des dizaines, voire des centaines de vers. Mais leur destination diffère : la Burda circule avant tout comme texte dévotionnel et mystique, récité pour la baraka et la guérison (Busîrî l’aurait composée après une guérison miraculeuse) ; le Khilâçu Dhahab, de Cheikh El Hadji Malick Sy se présente comme une sîra versifiée complète, structurée en chapitres numérotés et annotée philologiquement une sorte de manuel destiné aux apprenant de tous siècles autant qu’un poème de louange.

La naissance du Prophète continue d’être racontée dans deux poèmes que séparent plusieurs siècles, mais chaque poète y projette l’univers qui est le sien : Busîrî y voit l’effondrement d’un empire rival et la victoire du vrai sur le faux ; Cheikh El Hadji Malick Sy y voit la mise en branle de la création entière, des profondeurs marines jusqu’aux cieux, autour de la Lumière qui, en lui, a toujours précédé le monde. Les deux textes, loin de se concurrencer ou se contredire, interagissent et se répondent : ils montrent la vitalité d’une même tradition de louange prophétique qui, du Nil au fleuve Sénégal, n’a cessé de se réinventer sans jamais quitter son fonds commun.

Dr. Bakary Sambe, Centre d’étude des religions, Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal)

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PRÉPARATIFS MAWLID AN-NABI 2026

Sénégal

PRÉPARATIFS MAWLIDU NABI 2026 À PARIS

Sénégal

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Dans le cadre des préparatifs du Mawlidu Nabi, une délégation de SOP NABY FRANCE, conduite par Seyidi Ben Cheikh, s’est rendue ce vendredi 07 Août 2026 au Consulat général du Sénégal à Paris. 

À cette occasion, nous avons eu le plaisir d’échanger avec M. Tamsir Bathily, Vice-Consul, ainsi qu’avec M. Cheikh Matar Fall, Conseiller chargé des associations.

Cette rencontre a été l’occasion de présenter les différentes activités et réalisations de la Dahira SOP NABY FRANCE, mais également de transmettre officiellement notre invitation à participer au Mawlidu Nabi.

Nous adressons nos remerciements à nos interlocuteurs pour leur accueil chaleureux, leur disponibilité et la qualité de nos échanges.

Cette rencontre s’est déroulée dans un esprit d’écoute, de dialogue, de respect et de fraternité, des valeurs qui nous sont particulièrement chères et que nous souhaitons continuer à promouvoir.

SOP NABY FRANCE

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YAWMUL ASHÛRÂ

YAWMUL ASHURA

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YAWMUL ‘ÂSHÛRÂ : UN SIGNE DE MISÉRICORDE DIVINE 
 
‘Âshûrâ est célébré le 10ème jour du mois de Muḥarram (Tamkharit). Cette année, le jour de ‘Âshûra sera le jeudi 25 juin 2026. C’est une journée pleine de bénédictions et de rappels. Découvrons ensemble les sagesses et recommandations liées à ce jour important dans la vie du musulman.
 
UN JOUR BÉNI INSCRIT DANS UN MOIS SACRÉ
 
Muḥarram, étant le premier mois du calendrier musulman, constitue un des mois les plus importants. Au sujet des mois sacrés, Allah nous dit dans le coran :
إِنَّ عِدَّةَ ٱلشُّهُورِ عِندَ ٱللَّهِ ٱثْنَا عَشَرَ شَهْرًا فِى كِتَـٰبِ ٱللَّهِ يَوْمَ خَلَقَ ٱلسَّمَـٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضَ مِنْهَآ أَرْبَعَةٌ حُرُمٌ ۚ ذَٰلِكَ ٱلدِّينُ ٱلْقَيِّمُ ۚ فَلَا تَظْلِمُوا فِيهِنَّ أَنفُسَكُمْ ۚ وَقَـٰتِلُوا ٱلْمُشْرِكِينَ كَآفَّةً كَمَا يُقَـٰتِلُونَكُمْ كَآفَّةً ۚ وَٱعْلَمُوٓا أَنَّ ٱللَّهَ مَعَ ٱلْمُتَّقِينَ 
« Le nombre de mois, auprès d’Allah, est de douze [mois], dans la prescription d’Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre. Quatre d’entre eux sont sacrés: telle est la religion droite. [Durant ces mois], ne faites pas de tort à vous-mêmes. (…) » 
[Sourate 9, verset 36]
 
 
À ce propos, d’après Abou Bakr As Siddiq ‎رضي الله تعالى عنه, le Prophète ﷺ a dit :
« Le temps a repris son cours tel qu’il était quand Allah créa les cieux et la terre : l’année compte douze mois dont quatre mois sacrés ; les trois se succèdent et ont pour nom Dhul-Qa’ada, Dhul Hidja et Muḥarram et le quatrième Rajab intercalé entre Joumadaa et Chabaane. » 
[Sahih Al-Boukhari n°2958]
 
Par ailleurs, ce mois revêt une importance spirituelle majeure dans la tariqa tidjaniya. En effet, c’est au 12ème jour de ce mois que notre maître Seyyidina Cheikh Ahmad Tijani ‎رضي الله تعالى عنه reçut la station de la Khatmiyyatu. 
 
LA RECOMMANDATION DU JEÛNE DE ‘ÂSHÛRA
 
La journée qui précède ‘Âshûrâ et la journée qui la succède sont des jours de jeûne non obligatoires, ‘Âshûrâ inclus. Les savants sont unanimes à considérer le jeûne de ce jour comme étant recommandé et non pas obligatoire. Cette recommandation est tirée du hadith rapporté dans les sahih de Al-Boukhari et de Muslim :
 
إن هذا اليوم يوم عاشوراء ولم يكتب اللَّٰهُ عليكم صيامه فمن شاء فليصمه ومن شاء فليُفطِر
 
« Aujourd’hui c’est le jour de ‘Ashûrâ, Dieu n’a pas fait un devoir pour vous de le jeûner ; que celui qui le veut jeûne, et que celui qui ne le veut pas ne jeûne pas. » 
 
En outre, le Prophète ﷺ nous informa, suite à une question, sur le jeûne du jour de ‘Âshûrâ :
« Il expie les péchés de l’année écoulée. » 
[Sahih Muslim]
 
Et dans un hadith, le Prophète ﷺ a dit : « Le meilleur des jeûnes après le jeûne du mois de Ramaḍān c’est le jeûne du mois d’Allah : Al-Muḥarram. (…) » [Sahih Muslim n°1162]. Ce qui signifie après le mois de Ramadan, le meilleur des mois durant lequel jeûner est le mois de Muḥarram.
Est-il préférable d’associer le jeûne du 10ème jour avec celui du 9ème ou 11ème. jour ? Le Prophète ﷺ répondit : 
« Si je suis toujours vivant l’année suivante, je jeûnerai le neuvième jour de Muḥarram. » 
[Sahih Muslim]
 
UNE JOURNÉE SYNONYME DE GÉNÉROSITÉ
 
‘Âshûrâ est aussi une journée où donner l’aumône est une des recommandations prophétiques. En ce sens, le Prophète ﷺ disait :
« Celui qui dépense généreusement pour sa famille le jour de ‘Âshûrâ’, Allah augmente sa subsistance pour le reste de l’année. » 
[Rapporté par al-‘Uqayli dans al-Du’afa’ al-Kabir (3/252)]
 
UNE RELIGION UNIQUE : L’ISLAM
 
Le mois sacré de Muḥarram honore l’émigration du Prophète Muhammad ﷺ de La Mecque jusqu’à Médine, également appelée l’Hégire. À cette occasion, l’Imam Muslim a rapporté que `Abdoul-Lāh Ibnoul `Abbās رضي الله تعالى عنهم, a dit : « Le Messager ﷺ est arrivé à Médine. L’Illuminé Sayyidina Muhammad ﷺ a trouvé des non-croyants parmi les fils de Isrā’īl qui accomplissaient le jeûne de ‘Âshûrâ. Ils furent interrogés à ce sujet. Ils répondirent : « C’est en ce jour que Dieu a donné la victoire à Mûsâ (Moise) et aux fils de Isrā’īl (descendants du prophète Ya`qoūb qui est musulman comme tous les prophètes) sur Pharaon, aussi nous jeûnons ce jour afin de le commémorer ». Alors, le Prophète ﷺ dit :
نحن أولى بموسى منكُم
« Nous sommes plus proches de Mûsâ (Moise) que vous. » 
 
C’est-à-dire que nous avons la même religion que Moise, à savoir l’Islam. C’est alors que le Messager d’Allah ﷺordonna aussitôt de jeûner ce jour (de façon recommandée, comme indiqué précédemment).
 
D’après plusieurs recueils de hadiths, avec des formulations légèrement différentes, le Prophète ﷺ a dit : 
الأنبياءُ إخوَةٌ لعَلَّاتٍ : دِينُهم واحِدٌ، وأُمَّهاتُهم شَتَّى، وأنا أوْلى النَّاسِ بعيسى ابنِ مَريمَ ليس بيني وبينه نبي 
« Les prophètes sont comme des frères de mères différentes. Leur religion est la même [c’est l’Islam], et leurs lois sont différentes. [Je professe la même religion que `Īçā (Jésus) fils de Maryam], et il n’y a pas de prophète entre lui et moi. » 
 
Puisque les prophètes ont la même religion, leur croyance est la même, seules leurs lois sont multiples. Ils sont tous venus avec l’Islam qui est la seule religion agréée par Dieu pour Ses créatures. Et Allah dit : 
إِنَّ ٱلدِّينَ عِندَ ٱللَّهِ ٱلْإِسْلَـٰمُ
« Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’Islam. (…) » 
[Sourate 3, verset 19]
 
UN SYMBOLE DE VICTOIRE POUR LES PROPHÈTES ET LES CROYANTS 
 
Dans l’histoire des religions, c’est un jour de victoire et de triomphe. Plusieurs événements se sont déroulés dans la vie des prophètes en ce jour, tous témoignant de l’infinie miséricorde d’Allah sur eux et les croyants qui ont adhéré à leur message d’unicité : 
•Allah sauva le peuple du prophète Mûsâ (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) des mains de pharaon en lui permettant de fendre la mer en deux et fit noyer le pharaon ;
•Le prophète Adama (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) et sa femme Hawa se sont retrouvés au mont ‘Arafat après de longues années de recherche mutuelle suite à leur descente des jardins d’Eden ;
•C’est le jour de l’accostage du bateau du prophète Nûh (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) et de son sauvetage du déluge ; 
•Le repentir du prophète Adama (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) fut accepté ce jour ;
•Le prophète ‘Ibrâhîm (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) a été sauvé du feu de An-Noumroud ;
•Les prophètes Ya`qoûb (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) et Yoûçouf (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) se sont retrouvés ;
•Le prophète ‘Ayyoûb (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) fut guéri de sa maladie après de longues années de souffrance ;
•Le prophète Yoûnous (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) est sorti du ventre de la baleine et son peuple a été pardonné ; 
•Le prophète Soulaymân (عَلَيْهِ ٱلسَّلَامُ) est devenu roi ;
•Al-Houçayn, le petit fils du Prophète ﷺ, a été assassiné à Karbala.
 
Dans la continuité des prophètes et peuples passés, Yawmul ‘Âshûrâ est toujours un symbole de miséricorde et de victoire pour le Prophète Muhammad ﷺ et sa communauté. En ce jour, Allah nous offre plusieurs moyens d’expier nos péchés et de nous rapprocher de Lui. C’est pourquoi, en cette journée pleine de grâces et de bienfaits, des prières et pratiques spécifiques ont été recommandées.
 
 
LES RECOMMANDATIONS PRATIQUES
 
•LE JEÛNE
•LA PRIÈRE
•LES VISITES D’AMOUR ENTRE LES PARENTS
•LA GRANDE ABLUTION
•L’AUMÔNE
•LA COUPE DES ONGLES
•L’APPLICATION DU KHÔL
•RENDRE VISITE À UN MALADE
•RENDRE VISITE À UN ÉRUDIT
•CARESSER LA TÊTE D’UN ORPHELIN MUSULMAN
•PRÉPARER À LA FAMILLE UN BON REPAS COPIEUX
 
 
PARMI LES PRIÈRES RECOMMANDÉES
 
EFFECTUER 4 RAKAAS (SANS LIKHAM, AVEC UN SEUL SEULMEUL)
Réciter dans chaque rakaa 1 fois la sourate Al Fatiha et 15 fois la sourate Al Ikhlass (Qul Huwa Llahu).
 
RÉCITER 70 FOIS LA PRIÈRE CI-DESSOUS
حَسْبُنَا اللّٰهُ ونِعمَ الوَكيلُ نِعْمَ المَوْلَى وَنِعْمَ النَّصِيرُ
HasbunAllahu wa ni’mal wakîlu ni’mal mawlâ wa ni’man naçiru
 
RÉCITER 7 FOIS LA PRIÈRE CI-DESSOUS
سُبْحَانَ اللّٰهِ مِلْءَ الْمِيْزَانِ وَ مُنْتَهَى الْعِلْمِ وَمَبْلَغَ الرِّضَا وزِنَةَ الْعَرْشِ لا مَلجَأَ وَلَا مَنْجَا مِنَ اللّٰهِ إِلَّا إِلَيْهِ سُبْحَانَ اللّٰهِ عَدَدَ الشَّفْعِ وَالوَتْرِ وَعَدَدَ كَلِمَاتِ اللّٰهِ التَّامَّاتِ كُلِّهَا أسْألُكَ السَّلَامَةَ بِرَحْمَتِكَ يَا أرْحَمَ الرَّاحِمِينَ وَلَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إلَّا بِاللّٰهِ العَلِيِّ العَظِيمِ وَهُوَ حَسْبُنَا اللّٰهُ ونِعمَ الوَكيلُ نِعْمَ المَوْلَى وَنِعْمَ النَّصِيرُ وَصَلَّى اللَّٰهُ عَلَى سيِّدِنَا مُحَمَدٍّ خيْر خَلْقِهِ وعَلَى آلِهِ و صَحْبِهِ أجمَعِينَ
SubhannalLahi mil-al mîzâni wa muntaheul ‘ilmi wa mablaghar ridâ wa zinatal ‘arshi, la malja-a wala manjâ mina lLahi illâ ilayhi soubhânalLahi adadash shaf’i wal watri wa ’adada kalimâtil Lahit tâmâti kulliheû as-alukas salâmata bi rahmatika yâ arhamar rahimîna walâ hawla walâ quwwata illâ bilLahil ‘aliyyil ’azîmi wa huwa hasbunâlLahu wa ni’mal wakîlu ni’mal mawlâ wa ni’man naçîru wa çalla lLahu ‘alâ sayyidinâ muhammadin khayri khalqihi wa ‘alâ âlihi wa çahbihi ajma’âna
 
LA RÉCITATION DE LA SOURATE AL IKHLASS (QUL HUWAL LAHU)
972 FOIS OU 1000 FOIS
بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ اللَّهُ الصَّمَدُ لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ وَلَمْ يَكُن لَّهُ كُفُوًا أَحَدٌ 
BismilLahir Rahmânir Rahîmi 
Qul huwal Lahu ahad Allahuç çamad Lam yalid walam yûlad 
Walam yakun lahu kufuwan ahad
 
RÉCITER 1000 FOIS LAQAD JÂ-AKUM
بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
لَقَدْ جَآءَكُمْ رَسُولٌ مِّنْ أَنفُسِكُمْ عَزِيزٌ عَلَيْهِ مَا عَنِتُّمْ حَرِيصٌ عَلَيْكُم بِٱلْمُؤْمِنِينَ رَءُوفٌ رَّحِيمٌ
فَإِن تَوَلَّوْا فَقُلْ حَسْبِىَ ٱللَّهُ لَآ إِلَـٰهَ إِلَّا هُوَ عَلَيْهِ تَوَكَّلْتُ وَهُوَ رَبُّ ٱلْعَرْشِ ٱلْعَظِيمِ 
BismilLahir Rahmânir Rahîmi 
Laqad jâ-akum Rasûlun min anfusikum ‘azîzun ‘alayhi ma ‘anittum harîsun ‘alaykum bil muminîna ra-ûfun rahîmun
Fa-in tawallaw faqul hasbiyal Lahu lâ ilaha illâ huwa ‘alayhi tawakkaltu wahuwa rabbul ‘arshil ‘azîmi
 
 
Extrait des enseignements de Seyidi Ben Cheikh FAYE
SOP NABY FRANCE

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MARAUDE JANVIER 2025

SOP NABY SOCIAL : Une initiative solidaire pour les sans-abris à Paris

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Paris, le 09 janvier 2025,

Depuis sa création en 2015, la Dahira SOP NABY FRANCE œuvre pour rendre l’apprentissage de l’Islam accessible à tous, en mettant en avant des valeurs de partage, d’entraide et de solidarité. Fidèle à ces principes, SOP NABY SOCIAL, l’initiative solidaire de la Dahira, organise le 11 janvier 2025, une journée dédiée aux sans-abris à Paris. 

En plein cœur de l’hiver, les bénévoles de Sop Naby Social se mobiliseront pour distribuer des sacs de couchage et des repas chauds aux personnes en grande précarité.
L’objectif : offrir un peu de réconfort à ceux qui en ont le plus besoin.
Cet événement s’inscrit dans une démarche humanitaire et universelle, sans distinction de genre, de religion ou d’origine sociale. « Aider, c’est un devoir moral et spirituel que nous souhaitons transmettre à travers nos actions », souligne Seydi Ben Cheikh (Responsable moral) .

Une tradition d’entraide qui dure

Depuis plusieurs années, Sop Naby Social multiplie les initiatives pour venir en aide aux démunis, en créant des ponts entre différentes communautés. Chaque action est rendue possible grâce à l’engagement des bénévoles et au soutien des donateurs.

Le 11 janvier, nous espérons sensibiliser encore davantage le public et inciter chacun à agir, à sa manière, pour contribuer à un monde meilleur. 

Informations pratiques :

  • Lieu et Horaires : 

13h : Distribution de repas, Place Auguste Baron, 19e arrondissement.

19h : Distribution de sacs de couchage, Porte de la Villette, Boulevard Ney – La Chapelle. 

  • Comment contribuer ?

Vous pouvez nous soutenir en participant à la journée, en faisant un don ou en partageant cette initiative autour de vous. Pour faire un don : cliquer sur ce lien paypal sécurisé

Pour en savoir plus, contactez-nous :

📞 +33 6 52 90 63 24

📧 contact@sopnabyfrance.com

 
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Communication SOP NABY FRANCE SOCIAL

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